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Hier, c'était en 1994, l'ULB faisait un constat, prenait un pari et relevait un défi.

Le constat indiquait que l'évolution institutionnelle de la Belgique allait donner de plus en plus de compétences et de moyens aux Régions et qu'en conséquence l'ULB devait être présente en Région Wallonne. Il y avait aussi une opportunité: le Hainaut devenait éligible aux aides européennes pour le développement économique (Objectif 1), les biotechnologies étaient reconnues parmi les principaux domaines du développement industriel du 21ème siècle, l'ULB avait une longue tradition d'excellence en biologie moléculaire et Charleroi, tout en étant la métropole la plus importante de Wallonie en terme de population n'avait guère de support universitaire.

Le pari de l'ULB fut de proposer l'implantation d'un centre de recherche en biologie moléculaire sur l'Aéropole quasi désertique à l'époque de Charleroi-Gosselies.

Le défi à relever fut, au-delà de la schizophrénie institutionnelle qui confie à la Communauté française les compétences en recherche fondamentale et aux Régions celles de la recherche appliquée, au-delà de la volonté politique naturelle de retombées économiques immédiates, de poursuivre une recherche d'excellence, compétitive sur le plan international, dans une implantation régionale wallonne avec l'obligation morale de développer les applications bénéfiques (ce qui explique les orientations dans les domaines de la santé) et utiles au développement économique.

C'est dans cet esprit que fut inauguré l'Institut de Biologie et de Médecine Moléculaires (IBMM) en 1999.

Aujourd'hui, dix ans après cette inauguration, le pari est gagné. Le site regroupe des laboratoires universitaires: IBMM, Institut d'Immunologie Médicale (IMI) et Laboratoire de biotechnologie végétale, un centre collectif de recherche (Immune Health, anciennement Biovallée) et sept PME - spin offs universitaires : Henogen, Euroscreen, Aliwen, Delphi Genetics, DNA Vision, BVTransgenics Service et Bone Therapeutics.

L'ensemble du site est un agent économique en soi. Quelques exemples: c'est un facteur d'attractivité puisque le site a été rejoint par l'Institut de Pathologie et de Génétique (IPG) et par la Cellule opérationnelle de BioWin (Pôle de compétitivité du plan Marshall de la Région wallonne). Plus de 700 personnes y travaillent dont près de 40% habitent la région de Charleroi.

Les projets, pour demain, sont d'abord, dans la continuité, de poursuivre les développements scientifiques et leurs applications biotechnologiques.

Les laboratoires universitaires maintiennent leur tradition d'excellence. Un programme d'excellence en génétique fonctionnelle vient d'être attribué. Le nom des laboratoires de l'ULB Charleroi apparaît régulièrement dans les revues " Nature " et " Science ", des programmes-cadres européens notamment en immunologie sont pilotés depuis Gosselies, un programme sur deux du pôle de compétitivité BioWin a un partenaire, laboratoire universitaire ou spin-off, sur le site.

De plus, dans le cadre des fonds structurels européens, le projet Hainaut Biomed, en collaboration avec l'Université de Mons, va conduire à l'installation d'un centre multimodal d'imagerie permettant l'imagerie moléculaire fonctionnelle in vitro, outil indispensable à l'indentification de cibles moléculaires thérapeutiques.

Ensuite, les capacités de développement des spin-offs existantes et la création de nouvelles vont être accrues par le soutien d'incubateurs, à savoir d'une part, un nouveau bâtiment d'hébergement va être construit par l'intercommunale Igretec en complément à l'existant déjà saturé et, d'autre part, de nouvelles ressources humaines de " coaching " vont être mises à la disposition des chercheurs pour la valorisation économique de leurs recherches.

Enfin, un axe nouveau d'enseignement et de formation s'ouvre profitant du projet de campus technologique: d'une part, un master spécialisé en physiopathologie moléculaire organisé uniquement sur le site de Charleroi dès 2010, et d'autre part, des formations continuées destinées aux professionnels dans trois directions : pour les techniciens des laboratoires universitaires et industriels ; pour les enseignants des sections biotechnologiques des hautes écoles ; pour les demandeurs d'emplois.

Il fallait aussi un nouveau nom à la fois pour souligner les partenariats multiples: entre universités (ULB-UMons), entre universités et hautes écoles (Campus technologique), entre universités et partenaires publics (Région wallonne, Province de Hainaut, Intercommunale de développement de Charleroi) et privés (GSK, UCB, spin-offs) et pour rappeler aussi que Charleroi est une métropole importante, voisine de la capitale de l'Europe et possédant un aéroport: Biopark Charleroi Brussels South répond à ces objectifs.

Jean-Louis Vanherweghem, Président du Conseil d'administration de l'ULB, Mars 2009.
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